C’est à Lille que s’est déroulé le 8ème colloque AFDIAG.

Le premier thème abordé : les maladies endocriniennes parfois associées à la maladie coeliaque.
C’est le Professeur Marie-Christine VANTYGHEM, endocrinologue, qui a fait une belle présentation des diverses maladies auto-immunes endocriniennes. Un focus a été porté sur le diabète de type 1, les hypo et hyperthyroïdies et la maladie d’Addison. Le lien entre la maladie coeliaque et les maladies auto-immunes n’est pas clairement établi dans l’exposé et c’est plus la difficulté de traitement lorsque les 2 maladies sont présentes qui est mis en avant.

Les diététiciennes du CHRU de Lille prennent le relai pour nous présenter le fonctionnement d’une consultation diététique dans le cadre de la maladie coeliaque. Audrey VanMalleghem, qui travaille en pédiatrie, précise les modalité d’accueil des enfants et de leurs familles et les difficultés rencontrées : explication du régime sans gluten, trucs et astuces pour s’en sortir au quotidien mais aussi et surtout l’angoisse à laquelle les familles doivent faire face. Cécile Fontaine, quant à elle, évoque d’autres difficultés rencontrées chez le public adulte : régime parfois non suivi, questions sur les symptômes et les produits consommables ou non.

Guillaume Pineton de Chambrun, gastro-entérologue a ensuite fait un exposé très clair et très précis sur l’état des connaissances en 2014 sur la maladie coeliaque.
Après les généralités sur le gluten, la mise en place et l’évolution de la maladie, il nous informe qu’aujourd’hui les symptômes de la maladie sont moins évocateurs que par le passé et qu’entre 1 et 2 personnes sur 100 seraient concernées par une maladie coeliaque latente ou potentielle. Les symptômes de maladie coeliaque atypique (non liés forcément à une perte de poids) sont également bien connus : ballonnements, douleurs abdominales, alternance diarrhée et constipation, anémie, chute de cheveux, aphtes, anomalie de l’émail dentaire,… Un nouveau concept fait débat : la sensibilité au gluten qui n’est pas encore très connue et est parfois confondue par les patients avec une intolérance aux sucres fermentescibles (FODMAPS).
La recherche continue, des idées pour alléger et remplacer le régime strict voient le jour : piégeage du gluten dans la lumière intestinale, blocage des interaction entre gluten et système du soi,…

Dominique TURCK, pédiatre gastro-entérologue à Lille, complète le discours de Guillaume Pineton avec une avancée en matière de dépistage pour les enfants. Depuis 2012, de nouvelles recommandations, permettent de ne plus pratiquer de biopsies intestinales sur des enfants qui auraient des taux d’anticorps anti-transglutaminases tissulaires et anticorps anti-endomysium associés à un génotype favorable (gènes HLA DQ2 et DQ8). Les études américaines et européennes sur les recommandations en matière d’allaitement maternel et introduction du gluten dans l’alimentation semblent aller dans le même sens et prôner une introduction du gluten entre 4 et 6 mois avec un allaitement maternel en parallèle.

Après ces trois exposés, les questions réponses se sont enchaînées au sein du public de l’amphithéâtre lillois, bien rempli en ce samedi après-midi. Les enfants ayant participé à un atelier de cuisine pendant le colloque sont également venus dire un mot au public.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site de l’AFDIAG (association française des intolérants au gluten) : http://www.afdiag.fr/